J’ai déjà formé des stagiaires par le passé. J’ai eu le plaisir, l’honneur, le privilège de les voir évoluer sous mes yeux. J’ai vu des gens peu sûrs d’eux prendre confiance, s’épanouir et devenir de vrais guerriers de la comm. Il m’arrive encore de les croiser et de me réjouir de les voir réussir. J’ai cru en eux, je les ai coachés. Certains occupent des postes bien plus prestigieux que le mien. Ils ont investi dans leurs carrières, ont développé des entreprises, ont gravi les échelons. Mais jamais je ne me suis sentie menacée par eux. Au contraire, je ressens la fierté d’avoir, peut-être, indirectement, contribué à leur cheminement.
Alors que j’animais une formation sur la rédaction avec ChatGPT, j’expliquais comment je traite ChatGPT : je lui explique ma façon de procéder pour créer un texte, je prends le temps de lui décrire les changements à apporter et les raisons qui me poussent à faire ces changements. Cela me semblait logique, car mon but est qu’il comprenne mieux mon propre fonctionnement pour s’y ajuster et qu’il apprenne de ses erreurs, question d’être plus efficace à l’avenir.
Mais j’ai alors réalisé que j’entraînais l’IA comme un stagiaire, en lui donnant les clés de ce qui se passe dans ma tête lorsque je rédige, en lui proposant spécifiquement les changements que je souhaite pour améliorer la communication…
Mais contrairement à un collègue humain, je ne ressens aucune fierté à le voir évoluer.
Pire encore, dans quelques années, lorsque je le recroiserai et qu’il m’aura entièrement remplacé, je sens que j’aurai la réflexion suivante : j’aurai été l’artisane de mon propre malheur.